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Le Voyage olfactif de Théo et Isabelle

Le Voyage olfactif de Théo et Isabelle : la suite !


Autrefois, on naviguait sur la route des épices. Isabelle et Théo revisitent le principe : un voyage de 2 ans autour du monde, pour une plongée dans le monde des matières premières des parfums ! Après avoir un peu fait leur connaissance, on les suit sur le terrain…

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Le voyage olfactif ? Une évidence !

Isabelle & Théo – noseontheroad

Début de voyage : Madagascar, le Sri Lanka, Bali et l’Inde

Ah ! Cette photo nous raconte déjà plein de choses ! Dites, vous m’avez l’air un tout petit peu fatigués… On imagine bien que le rythme doit être soutenu. Et puis toutes ces odeurs, tous ces parfums, ça doit tourner la tête ! Mais on voit aussi que vos yeux sont vraiment plein d'images
et vos sourires plutôt satisfaits. Allez, dites-nous tout ! Où êtes-vous allés déjà ?

Madagascar : vanille et café

Isabelle – noseontheroad.com

Nous avons commencé notre périple par Madagascar où nous avons senti de nombreuses odeurs nouvelles. C’était le premier pays, et ça a été l’un des plus riches en termes d’odeurs. Mais c’était aussi l’un des plus difficiles à appréhender : il y a beaucoup de pauvreté et une sensation d’insécurité parfois un peu pesante. Mais ça ne nous a pas empêchés de rencontrer des gens incroyables ! Et chaque jour, nous avons découvert de nouvelles odeurs…

Les vidéos d’Isabelle et Théo

Oui ! Par exemple, nous garderons longtemps en tête notre séjour dans un petit village malgache chez un producteur de vanille : Mi Hen et sa famille. Ces odeurs chaudes et épicées des gousses de vanille en train de sécher resteront à jamais des souvenirs olfactifs forts. Nous avons aussi eu un coup de cœur olfactif pour la fleur de café sentie au détour du chemin qui nous menait à notre petite case au village.

Théo – noseontheroad.com
Isabelle – noseontheroad.com

Cette fleur de café, nous l’avons surnommée la “fleur aux milles facettes” : elle a une odeur complexe, qui donne un aspect différent à chaque inspiration. Et puis, nous avons été marqués par notre visite privée d’une usine d’ylang ylang à Nosy Be. Le PDG de la SPPM [Société des Produits à Parfum de Madagascar] nous a fait découvrir son usine le matin, après la récolte des fleurs. Elles tapissaient la quasi-intégralité du sol de l’entrepôt ! Ça dégageait un puissant parfum solaire et fruité. Nous n’avons que de bons souvenirs de ce pays !

Fleur de caféier – Madagascar – noseontheroad

Fleur de caféier

La quête : odeurs et émotions puissantes ?

Des odeurs, des émotions puissantes et de beaux souvenirs,
c’est donc ça que vous êtes partis chercher dans ce voyage ?

Nous attendons d’abord de ce tour du monde de découvrir un maximum de matières premières, de parfumerie ou non d’ailleurs. Mais aussi un maximum de curiosités olfactives. Nous avons vraiment envie de sentir les plantes et les arbres et les fleurs dans leur milieu naturel. Mais aussi d’apprendre ce que représente tout le travail qui se cache derrière un flacon d’huile essentielle ou d’absolue. Avant de travailler ces matières, nous voulons connaître leur histoire, leur vécu, et surtout leur odeur dans la nature…

Théo – noseontheroad.com
Lotus bleu – Sri Lanka – noseontheroad

Sri Lanka : “lotus bleu à la délicate odeur amandée, très poudrée et avec une nuance feuille de violette. Une magnifique découverte !”

Isabelle – noseontheroad.com

Et puis, d’une manière plus personnelle, nous avons besoin de nous évader d’un quotidien que l’on a toujours connu. D’un confort que nous avons toujours eu. Il nous semble important, avant d’entamer notre vie professionnelle, d’avoir un cheminement personnel. De rencontrer des hommes et des femmes dont la culture, le mode de vie sont si différents. On espère rentrer avec une vision nouvelle et des souvenirs à jamais gravés en nous, et c’est déjà ce qui est train de se produire !

Deux parfumeurs le nez sur la matière vivante

Cette plongée dans les matières naturelles, c’est fondamental ? On utilise aussi
beaucoup de matières synthétiques en parfumerie, ça vous inspire moins, Théo ?

Pour nous, après tout ce qu’on a appris du métier de parfumeur, les matières premières naturelles ne sont pas en opposition avec les matières de synthèse. Au contraire, elles se complètent et offrent des possibilités infinies dans le processus de création. Mais c’est vrai, nous avons tout de même un faible pour les matières premières naturelles. Elles ont une énergie particulière, un lien direct avec la nature et la terre, par définition. C’est cette histoire, l’histoire de ce lien derrière chaque matière qui nous attire et que nous voulons découvrir.

Théo – noseontheroad.com

J’ai lu quelque part sur votre blog que vous vouliez “rencontrer les producteurs
et voir les usines d’extractions”. Il y a donc d’un côté l’importance de ce lien
avec la nature et la terre que décrit Théo, mais aussi l’importance
de la transformation humaine. On n’imagine pas toujours
qu’il y a des usines dans des endroits parfois un peu isolés… Isabelle ?

Isabelle – noseontheroad.com

Quand on parle d’usine, il ne s’agit pas forcément d’immenses entrepôts. Ça peut être deux cuves de distillation dans un champ. Jusqu’à maintenant, nous avons vu différents types d’usines. Même dans les champs, de nombreux producteurs ont besoin d’une usine, même très petite et rudimentaire. Il faut traiter la matière fraîche sur place, parce qu’elle ne peut pas, en général, supporter le transport.

Mais ce n’est pas une généralité non plus. Tous les producteurs n’ont pas leur usine dans leur champ ! En fait, tout dépend des matières premières et de leur fragilité…

Récolte et distillation du mandarinier,
pour obtenir l’huile essentielle de petitgrain mandarinier

Le Sri Lanka, sa cannelle et sa sepalika,
Bali et ses frangipaniers

Après Madagascar, vous avez filé au Sri Lanka ! Qu’est-ce qui vous a attiré là-bas ?

Isabelle – noseontheroad.com

Au Sri Lanka, nous avons pu assister à l’ensemble du processus d’extraction de l’huile essentielle de cannelle. En partant des plantations jusqu’à la distillation des écorces ! C’était une expérience incroyable de voir ces hommes, assis, le torse nu, dans une pièce au milieu des champs, à prélever cette précieuse écorce à l’odeur si prenante.

On y a fait une belle découverte pour nous aussi : celle de l'envoûtante odeur de la fleur de lotus, ainsi que son absolue. Pour nous, c’était vraiment inattendu !

Noix de muscade – Sri Lanka – noseontheroad

Noix de muscade – Sri Lanka : “Le macis de texture caoutchouteuse et d’une couleur rouge flamboyante a une odeur fruitée litchi rosée. Nous goûtons également un petit bout de la pulpe du fruit qui a un goût zesté citronné et noix de muscade.”

Nous avons aussi pu sentir des odeurs incroyables qui ne sont pas, ou peut-être juste pas encore utilisées en parfumerie, comme la fleur de sepalika. Son odeur a des ressemblances avec celle du jasmin mais avec des inflexions marines très présentes. À la nuit tombée, son parfum se diffusait sur des dizaines de mètres !

Théo – noseontheroad.com

À Bali ensuite, on a surtout passé un moment plus détente. Mais nous y avons été submergés par la délicieuse odeur des frangipaniers présents par milliers. L’odeur des fleurs était différente pour chaque couleur de fleur, c’était incroyable !

Sepalika – Sri Lanka – noseontheroad.com

Sepalika – Sri Lanka : “une puissante facette marine iodée inattendue, avec des notes rappelant la calone ou le scentenal. Vient ensuite une odeur d’amande verte miellée, avec des touches de vert stemone ou encore concombre. Une certaine chaleur solaire et anisée se dégage des fleurs en fin de soirée, accompagnant la facette marine.” 

Des odeurs et du goût…

Toujours sur votre blog, j’ai remarqué que vous ne boudez pas du tout
un autre de vos sens, le goût. C’est la passion pour la cuisine de Théo
qu’il ne peut pas laisser au fond du sac à dos, Isabelle ?

Isabelle – noseontheroad.com

Parfumerie et gastronomie sont souvent liées ! Nous sommes passionnés d’odeurs avant tout, mais le plaisir olfactif peut aussi s’exprimer par la rétro-olfaction, donc en mangeant. C’est la raison pour laquelle la gastronomie est aussi importante. Nous adorons tous les deux cuisiner, et nous sommes toujours curieux, autant l’un que l’autre, de découvrir des nouveautés culinaires. D’ailleurs, on peut souligner que pour chacun de nous deux, c’est la cuisine qui nous a amenés à nous ouvrir au monde olfactif.

Bred mafana – noseontheroad.com

Bred Mafana – Madagascar : “Cette petite fleur jaune ainsi que ses feuilles sont utilisées dans les différents bouillons. (…) quelle a été notre surprise lorsque nous nous sommes aperçus de leur propriété anesthésiante ! (…) un petit bout de la fleur nous engourdissant toute une partie de la langue.”

L’Inde, pays du jasmin, de la tubéreuse, du santal…

En ce moment, vous êtes en Inde. Ça se passe comment ?

Ce pays est une réelle explosion d’odeurs et de couleurs. Et sa population est absolument adorable. Les moments forts ont été d’assister à la récolte des roses Centifolia, du jasmin et de la tubéreuse au cœur des champs du Tamil Nadu, avec des femmes souriantes portant leurs saris aux milles couleurs. Nous avons eu l’occasion de plonger nos mains et notre nez dans des tas de fleurs et ces odeurs resteront longtemps dans nos mémoires.

Théo – noseontheroad.com
Isabelle – noseontheroad.com

Je crois qu’après ça, lorsqu’on sentira des absolues de fleurs de jasmin ou encore de tubéreuse, impossible de ne pas se remémorer les images du travail nécessaire à l’obtention de ces élixirs. Et puis aussi les visages de ces femmes, de ces hommes travaillant à la quête de l’extraction de ces délicieuses odeurs. Ou encore notre parcours façon dédale au milieu de l’effervescence du marché aux fleurs, entre la violence des hurlements des commerçants pour attirer les clients et la délicatesse des colliers de fleurs savamment façonnés.

Nous avons également été touchés par la rencontre d’artisans comme les sculpteurs de santal rencontrés au détour d’une toute petite ruelle dans Mysore. Ils nous ont gentiment ouvert la porte de leur atelier à l’odeur divine du santal lacté et crémeux embaumant les murs. Ou encore par notre rencontre avec un fabriquant d’encens roulés à la main…

Étal en Inde - noseontheroad.com

Étal en Inde : “Ce pays est une réelle explosion d’odeurs et de couleurs.”

Imprévus et expériences exceptionnelles, la routine, quoi !

Images, odeurs, rencontres magnifiques… on vous envie !
Jusque-là, ce que vous vivez a l’air de correspondre à vos attentes, je me trompe ?

Honnêtement pour l’instant, notre voyage dans sa globalité correspond bien à ce que l’on s’imaginait avant notre départ. Mais ça va même bien au-delà : nous avons vécu des expériences inattendues. On n’avait pas prévu de vivre dans un village malgache perdu au milieu de la jungle durant une semaine. C’était une expérience exceptionnelle ! 

Théo – noseontheroad.com
Isabelle – noseontheroad.com

Oui, vraiment unique de vivre chez ce producteur malgache de vanille et d’autres plantes à parfums, comme le petit grain mandarinier ou la baie de saint thomas… Ou encore, en parallèle, des expériences complètement nouvelles pour nous, comme faire une initiation de surf d’une semaine au Sri Lanka ou encore un trek de 4 jours dans le désert du Thar en Inde, d'où on revient à l’instant !

C’est vrai, il y a pas mal d’imprévus… Nous sommes partis en septembre, cela fait donc 5 mois qu’on voyage. Depuis notre départ, notre itinéraire a déjà changé des dizaines de fois. Nous avons prévu les pays dans lesquels nous souhaitions nous rendre, en fonction des matières premières que nous souhaitons découvrir. Mais nous avons la volonté de laisser place à l’opportunité et aux rencontres. Donc nous restons flexibles sur les dates et l’ordre de visite des pays. 

Théo – noseontheroad.com
Isabelle – noseontheroad.com

Nous sommes actuellement en Inde depuis 2 mois et nous avons d’ailleurs décidé pas plus tard qu’hier de faire un crochet par le Népal avant de nous rendre aux Philippines. Nous avons besoin d’une pause nature après l’affluence des villes du Rajasthan. Mais on sait aussi maintenant qu’on reviendra en juin en Inde, pour la haute saison de récolte des fleurs.

Nous souhaitons approfondir notre expérience auprès des producteurs et nous reconnecter avec la terre durant deux semaines. Nous projetons de récolter les jasmins, le jasmin sambac et le grandiflorum, et la tubéreuse.

De toute façon, il n’y a pas d’urgence. Nous avons pris la décision de partir 2 ans afin de nous laisser suffisamment de temps pour s’immerger dans la culture et les odeurs de chaque pays. La seule limite, ce sera notre budget : toutes nos économies, mais nous avons prévu un budget quotidien précis pour chaque pays…

Théo – noseontheroad.com

Deux ans de vacances et de voyage ? 

Donc, si j’ai bien tout compris, vous vivez exactement votre rêve,
et vous êtes en vacances autour du monde pour deux ans, avec ce projet ?

Non, pas tout à fait des vacances… C’est vrai, on réalise la chance que l’on a d’avoir pu partir et on en profite à fond ! Mais ça s’inscrit aussi dans un projet professionnel. On arrive un peu plus chaque jour à gérer notre travail, entre le site, les réseaux, les contacts et les rendez-vous professionnels. Et on garde du temps pour visiter aussi. Cela nous apporte énormément de sentir les matières et de rencontrer leurs producteurs, on en a déjà appris beaucoup ! Et parce qu’on rencontre aussi des gens qui représentent bien toutes ces cultures nouvelles pour nous, c’est très riche. Ça nous fait vraiment beaucoup évoluer personnellement…

Théo – noseontheroad.com
Isabelle – noseontheroad.com

On a deux objectifs dans ce projet de 2 ans. Le premier, tu l’as compris, c’est d’aller sentir les matières premières utilisées en parfumerie dans leur milieu naturel. Et rencontrer les producteurs pour comprendre les différentes étapes nécessaires à la production des huiles essentielles et des absolues. 

Mais on prépare aussi la suite, et notre métier de parfumeur. Parce qu’on rentrera avec, en mémoire, une palette d’odeurs provenant du monde entier, qu’on construit en ce moment jour après jour. Mais ça, c’est une autre histoire, on en reparlera un peu plus tard !

Itinéraire – noseontheroad.com

Les étapes prévues du voyage olfactif d’Isabelle et Théo…

Deux ans à plonger son nez dans des tonnes de fleurs, ça laisse rêveuse un peu, non ? Bon, je laisse Isabelle et Théo retourner à leurs bains odorants quotidiens… Mais j’ai bien décidé de ne pas les quitter d’une semelle ! Bah, quand on est en 2 dimensions, c'est plutôt facile en fait. Mais surtout, je vais continuer de lire leurs aventures sur leur site très élégant, et dans leur lettre d’info mensuelle. Je vous invite à en faire autant, vous y trouverez des descriptions détaillées de leurs découvertes…  

Le Voyage olfactif de Théo et Isabelle

Je pourrai aussi rêver le nez collé aux photos que ce joli couple aux passions partagées poste régulièrement sur instagram

Et si j’oublie ces adresses-là (ça ne risque pas, mais bon !), je les retrouverais aussi sur youtube. Pour l’instant, ils nous y parlent de vanille et de cannelle, mais ils y évoqueront beaucoup des matières premières qu’ils ont encore à découvrir :

Marguerite au Népal
  • Murielle dit :

    Merci, c’est magnifique. Une belle découverte 🙂

    • Corinne Essentielle Marguerite dit :

      Tout à fait d’accord, un très beau projet 🙂

  • Carine dit :

    Très belles photos! Le lotus bleu est magnifique et la noix de muscade je n’en avais jamais vue comme ça. Bon voyage, quelle bonne idée pour de jeunes parfumeurs. Merci du partage

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